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Le crédit-crunch menace d’asphyxier les entreprises italiennes

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Les entreprises italiennes sont aujourd’hui à cours de liquidités. Craignant pour leurs propres finances les banques hésitent à prêter. Si les plans d’austérité ont permis à la péninsule de redresser ses finances publiques, l’Italie n’a pu éviter la récession. Une situation bien peu favorable pour tenter une relance.

Près d’une entreprise italienne sur trois ne peut plus aujourd’hui faire face à ses dépenses opérationnelles. Le chiffre a été révélé par la Confindustria, la principale organisation patronale du pays. Selon ce groupement, la péninsule pourrait connaître en 2013 une nouvelle vague de credit-crunch (pénurie de crédit). Refroidie par la fragilité des entreprises, les banques refusent aujourd’hui de prêter, ou alors à des taux prohibitifs.

Résultats, les entreprises et tout particulièrement les PME se retrouvent à cours de financement. On estime que 50% des personnels des PME sont payés avec du retard. A terme c’est toute l’économie qui risque l’asphyxie. En 2012, près de 9000 entreprises italiennes avaient fait faillite.

Une cure d’austérité avec Mario Monti pour éviter la banqueroute

La péninsule paie au prix fort le redressement de ses finances publiques. En 2011, l’Italie se trouvait au bord de la banqueroute. La dette publique s’élevait à 1900 milliards d’euros (environ 120% du PIB). Signe de la défiance des marchés, le taux des emprunts d’état à dix ans s’élevait à 7,20%.

Cette situation avait amené la nomination de Mario Monti à la tête du pays. Le « professeur » se faisait fort de retrouver la confiance des marchés en administrant à la péninsule une vigoureuse cure d’austérité. Allongement du temps de cotisations des retraites, gel des salaires et des emplois dans le secteur public, annonce de plan de privatisations, allégement des procédures de licenciement, levé d’un nouvel impôt … Aucun effort n’aura été épargné.

Ces mesures permettent aujourd’hui à la péninsule d’afficher une meilleure santé de ses finances publiques. Si le poids de la dette reste vertigineux, 130% du PIB, le déficit public a pour sa part été ramené sous la barre des 3% en s’établissant à 2,3%.

C’est bien là la seule éclaircie dans le ciel de l’économie italienne. Car le pays s’enfonce chaque jour un peu plus dans la récession. Le PIB a chuté de 2,4% en 2012 et le chômage accuse une croissance annuelle de 1,5% selon les derniers chiffres de l’institut Italien des Statistiques (ISTAT). Les chômeurs représentent 11,6% de la population active. Des résultats qui ont conduit l’agence américaine Fitch à dégrader la note de l’Italie de A- à BBB+ en mars dernier.

Enrico Letta affirme vouloir sortir de «  tout austérité »

Dans ce contexte particulièrement difficile, les dirigeants d’entreprises tirent la sonnette d’alarme. Pour Franco Bernabè, patron de Telecom Italia, l’économie italienne suffoque et le pays doit intervenir rapidement pour injecter des fonds dans l’économie. La Confindistria réclame de toute urgence le paiement de 48 milliards d’Euros d’arriérés que l’Etat doit aux entreprises. Ce qui équivaudrait à une relance de 1,5% du PIB.

L’organisation patronale n’est pas seule à demander un assouplissement de l’austérité. Au cours des dernières élections au parlement, les italiens ont lancé le même message à la classe politique. Et lors d’une de ses premières déclarations, Enrico Letta, nouveau président du conseil depuis le 24 avril, a affirmé vouloir sortir le pays du « tout-austérité ».

Pas sûr qu’il ne soit entendu. La récession commence à gagner les poids lourds du vieux continent (Allemagne, Grande-Bretagne) et le chômage bat de nouveaux records dans la zone euro (12% soit près de 19 millions fin mars 2013). Il existe des climats plus favorables pour espérer une embellie !

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