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Melty, du site pour ados à la multinationale

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Comment le site Melty.fr, fondé en 2008, a réussi en si peu de temps à s’imposer comme une multinationale de l’information pour les jeunes ?

Comment le site Melty.fr, fondé en 2008, a réussi en si peu de temps à s’imposer comme une multinationale de l’information pour les jeunes ?

La dernière coupe de cheveux de Lady Gaga, les rebondissements de la saison 4 de Game of Thrones, mais aussi un tremblement de terre au Chili ou le remaniement ministériel du 31 mars. Info people, télé réalité, sport, actualité nationale et internationale, tout ce qui fait le « buzz » est là, sur la page de Melty.fr. Et le succès est au rendez-vous, puisque les ados raffolent de ce site et s’y informent régulièrement.

L’information pour les 12-30 ans

Ciblant sa ligne éditoriale pour attirer un public jeune, la société, qui siège au sein même du campus d’Epitech, attire dès ses débuts l’attention des acteurs de l’Internet. La première année de sa création, en 2008, Microsoft sélectionne Melty pour faire partie de son programme Bizspark, récompensant les startups les plus innovantes et prometteuses. Année charnière, 2009 voit la société obtenir le prix d’argent de l’innovation lors du Start-Up Challenge organisé par DDB France, et l’entrée à son capital, à hauteur de 25%, de Bouygues Telecom Initiatives, un incubateur de startups. Toujours la même année, un nouveau site thématique est lancé, destiné aux jeunes filles entre 12 et 17 ans. Depuis lors, Melty n’a cessé de poursuivre sa croissance en créant une multitude de sites spécialisés.

Une diversité qui attire les annonceurs

Si Melty.fr reste le site principal, avec plus de 6 millions de visiteurs uniques par mois, d’autres sites thématiques ont vu le jour. Avec Fan2, MeltyStyle, MeltyFashion, MeltyBuzz, MeltyFood, MeltyXtrem, tous les sujets susceptibles d’intéresser les jeunes sont abordés. Pas moins de sept sites gravitent, en France, autour de la galaxie Melty. Une spécialisation très utile pour les annonceurs, puisqu’elle leur permet de cibler de manière ultra précise leurs campagnes publicitaires. Melty a créé à cet effet sa propre régie publicitaire, et son rapport chiffre d’affaires/nombre de pages vues atteint des proportions peu courantes dans l’économie d’internet.

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Cool attitude et intuition

Avec son sweat-shirt et son allure d’éternel adolescent, Alexandre Malsch, directeur général du groupe, fait partie de ces entrepreneurs 2.0 dont le poids s’exprime en millions d’euros. Lorsqu’il lance le site melty.fr en 2008, le jeune homme alors âgé de 23 ans a déjà une solide expérience du web. Créateur, à quinze ans, d’Actuados.fr, un site d’informations pour les adolescents, il intègre Epitech et y rencontre Jérémy Nicolas. Rejoints par Jonathan Surpin, ils vont fonder la société Eeple, qui deviendra plus tard Melty. En constatant l’absence de site d’actualités dédié aux jeunes, les trois entrepreneurs ont su faire prospérer leur intuition et sont parvenus à réinventer le genre.

Un outil « fait maison » de première importance

Les fondateurs du site ont aussi su tirer parti d’un algorithme mis au point par Alexandre Malsch et Jérémy Nicolas. Officiant tel un rédacteur en chef, le logiciel scrute le web en quête de toute actualité pouvant intéresser les sites Melty. Le moteur se base sur les requêtes les plus fréquentes, et analyse en temps réel les contenus qui génèrent le plus de trafic. C’est le même algorithme qui suggère ensuite les sujets, les mots clés à utiliser, et l’heure de publication des articles. Une aide précieuse à la prise de décision éditoriale dans cette équipe qui compte 30 journalistes à temps plein, épaulés par des rédacteurs freelance. Actuellement, le groupe embauche 75 salariés, d’une moyenne d’âge de 27 ans. Melty s’est aussi lancé, via sa filiale MeltyProd, dans la production de séries et d’émissions qui alimentent le contenu de ses chaines thématiques.

Succès hexagonal et international

La courbe du chiffre d’affaires de la société témoigne de son succès : 1,2 millions d’euros en 2011, 2,3 en 2012, et 4,5 en 2013. Pour l’année 2014, les prévisions tablent sur un chiffre d’affaires de 8 à 10 millions d’euros. Rentable depuis 2011, le groupe investit une grande partie de ses bénéfices dans ses projets d’expansion à l’étranger. Implanté depuis 2012 en Italie et en Espagne (2,5 millions de visiteurs dans chaque pays), l’entreprise prévoit d’exporter son concept et d’ouvrir une dizaine de versions étrangères. Le Brésil, la Turquie, le Maroc, le Mexique, la Russie devraient avoir, dès cette année, leur portail Melty. Rien qu’en France, le groupe Melty attire 15,4 millions de lecteurs par mois, et les chiffres de fréquentation sont en hausse constante.

Investisseurs et partenaires

En plus de pouvoir compter sur ses recettes, le groupe a effectué en 2012 une levée de fonds d’un montant de 3,2 millions d’euros. Les investisseurs sont Serena Capital, Marc Simoncini (fondateur d’iFrance, de Meetic et de Sensee) ou encore Fred Raillard et Farid Mokart (duo de publicitaires français). Le MeltyGroup séduit les investisseurs et les partenariats s’enchainent avec le journal Metro, le groupe Lagardère Active, et la chaîne de télévision D8. En décembre 2013, Matthieu Pigasse, homme de médias, propriétaire et président du magazine Les Inrockuptibles, et actionnaire du journal Le Monde et du Huffington Post, entre à titre personnel dans le capital de la société, au côté de Manuel Diaz.

De quoi continuer à alimenter la croissance phénoménale du groupe et de lui donner les moyens de ses ambitions internationales !

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