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Yannick Poivey : Big Data, quelles conséquences pour les prestataires en intelligence économique ?

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Yannick Poivey, fondateur de One Intelligence nous parle de l'influence du Big Data sur l'intelligence économique.

Nous avons eu le plaisir de nous entretenir avec Yannick Poivey, fondateur et directeur général de One Intelligence, cabinet en intelligence stratégique. Nous lui avons demandé de nous parler des changements que pouvait générer le Big Data sur le secteur de l’intelligence économique. 

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L’intelligence économique regroupe un ensemble de démarches allant de la veille à la recherche ad hoc d’informations approfondies. Ces démarches sont mises en œuvre par les entreprises afin de surveiller leur environnement, augmenter leur compétitivité et gérer les risques associés à leur activité. L’avènement d’Internet a bien entendu facilité l’accès à un ensemble d’informations permettant de mieux connaître les partenaires, fournisseurs et concurrents de l’entreprise. La croissance exponentielle des informations disponibles sur Internet, couplée à l’utilisation d’algorithmes complexes, ont contribué à l’émergence récente de la notion de « Big Data ». Que faut-il entendre par là, et quel est l’impact à attendre sur la pratique de l’intelligence économique ? C’est la question que pose Yannick Poivey pour jauger l’influence du Big Data dans l’intelligence économique.

Yannick Poivey : « La notion de Big Data correspond davantage à un concept qu’à une pratique bien définie »

La notion de Big Data correspond davantage à un concept qu’à une pratique bien définie, explique Yannick Poivey. Elle peut être entendue comme l’exploitation systématique et agrégée d’un très vaste ensemble d’informations hétérogènes, issues d’une multiplicité de sources électroniques. Ces informations peuvent provenir de centres de recherche ou de statistiques, d’administrations, d’ONG ou d’associations professionnelles. On parlera alors d’Open Data, en rapport avec le caractère public de ces informations. Dans d’autres cas, les informations traitées proviendront d’acteurs privés, susceptibles de céder des données propriétaires portant par exemple sur un nombre élevé d’individus, et préalablement anonymisées afin de s’assurer de leur conformité au cadre légal.

A quoi servent ces données, et dans quelle mesure peuvent-elles contribuer à enrichir la démarche d’intelligence économique ? Selon Yannick Poivey, de nombreuses réponses restent encore à inventer, mais quelques exemples permettront d’esquisser des pistes. Ainsi, la mise en place d’algorithmes adéquats peut permettre à une entreprise d’obtenir de façon régulière des informations exhaustives et cohérentes, à partir de sources en ligne hétérogènes, sur les appels d’offres intéressant son activité. Autre exemple, un groupe de distribution pourra s’appuyer sur les données de géolocalisation d’un opérateur de téléphonie mobile, préalablement anonymisées, afin d’identifier les zones de chalandise les plus prometteuses. Nous serons là au carrefour de l’intelligence économique (renforcement de l’avantage concurrentiel) et du marketing. Enfin, dernier exemple, une société active dans le B to C pourra analyser des masses importantes de commentaires produits par les internautes sur les réseaux sociaux, en rapport avec sa marque. Nous sommes cette fois-ci au carrefour de l’intelligence économique (surveillance de son environnement) et de la communication.

Savoir déceler l’infiniment petit, le Big Data pas suffisant…

A la lumière des exemples précédents, il apparaît que l’exploitation du Big Data répond bien aux besoins de recueil de données « macro », soit un nombre important de données portant sur l’ensemble d’un secteur ou l’ensemble d’une population par exemple. A partir du moment où le Big Data suppose la mise en place de critères de recherche complexes, l’amortissement des coûts sera d’autant plus aisé qu’il s’appuiera sur la récurrence dans le temps de la collecte d’informations.

Or, Yannick Poivey nous explique qu’une démarche d’intelligence économique complète exige de l’entreprise une capacité de zoom permanent. L’entreprise doit savoir regarder un horizon large (son secteur d’activité, sa base de clientèle…), mais également, dans certains cas, déceler l’infiniment petit dans le cadre d’un projet ponctuel (le risque de non conformité lié à un partenaire potentiel, les prémisses d’un projet concurrent lourd de menaces…). Quelles que soient les évolutions technologiques en cours, Yannick Poivey considère que les outils traditionnels de l’intelligence économique restent les meilleurs alliés de l’entreprise pour déceler cet infiniment petit. Passer l’information au tamis des recherches manuelles dans les sources d’informations publiques (en ligne ou non), mener des entretiens avec des interlocuteurs qualifiés, puis procéder à des analyses méthodiques, restent le meilleur moyen de trouver la pépite informationnelle qui aidera l’entreprise à maintenir ou améliorer sa position concurrentielle.

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