Masdar City : éco-cité solaire recherche locataires

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La ville futuriste de Masdar aux Emirats arabes unis vient d’offrir de nouvelles licences pour attirer start-ups et entrepreneurs en énergie propre et poursuivre son développement.

Masdar (en arabe « la source ») est une éco-cité solaire en plein désert, proche de la ville d’Abu Dhabi. Ville sans pétrole, zéro carbone, zéro déchet, le projet de construction de cette ville est très ambitieux. Avec un coût de 18 milliards de dollars, les Emirats veulent faire de Masdar une vitrine mondiale du développement durable mais ce projet s’avère plus compliqué que prévu. Les premières désillusions ont obligé les dirigeants à revoir leurs objectifs et leur stratégie.

La crise et l’échec d’un projet

Le concept est louable mais la crise de 2008 n’a pas permis à cette cité d’un genre nouveau de convaincre un nombre de personnes suffisant à venir y habiter. Au lancement du projet, les promoteurs prévoyaient d’y accueillir 52.000 habitants et d’y créer près de 40,000 emplois au sein de quelques 1500 entreprises.

Aujourd’hui, le compte est loin d’être atteint, et les prévisions se retrouvent progressivement repoussées à 2025, voire 2030. Masdar est bien sortie du sable mais ressemble plutôt aujourd’hui une ville fantôme. Seuls quelques centaines d’étudiants du Masdar Institute habitent la cité.

Une erreur de vision est certainement à la base de cet échec. Une nouvelle ville écologique ou durable ne peut être le seul argument pour attirer de nouveaux locataires, qui recherchent également un tissu social et des projets de création de communautés et d’emploi.

Il faut donc attirer les entreprises et, pour cela, les dirigeants du projet ont élaboré une nouvelle stratégie : rassembler des espaces de recherche, d’essais et d’expérimentation des technologies et des systèmes énergétiques du futur. Leur objectif : devenir la « Silicon Valley » des Emirats arabes unis.

De nouvelles licences pour les entrepreneurs

Pour amener les entrepreneurs à créer de l’emploi au sein de la cité et renforcer son attractivité, la ville de Masdar vient d’introduire de nouvelles licences ; celles-ci auraient vocation à encourager les start-ups à s’implanter dans la zone franche commerciale de la ville.

Ces licences, qui ciblent l’industrie des technologies propres au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, ont été lancées lors de l’évènement du GITEX, la semaine de la technologie de Dubai. « Masdar City encourage le premier pôle de la région dédié aux énergies propres, soutenu par un institut de recherche spécialisé en énergies de pointe et en technologies durables », a déclaré M. Mohammed Al Fardan, directeur de la zone franche de Masdar City.

Ces avantages commerciaux vont continuer de motiver les start-ups locales et encourager plus d’entrepreneurs des EAU à entrer dans le secteur privé, tout en soutenant l’ambition de la ville de « connecter » l’éducation à la recherche et au développement avec de nouveaux investissements.

Parmi les avantages des licences de la nouvelle zone franche, on peut notamment compter la levée des exigences de capital minimum, mais également moins de charges pour la location d’espaces de travail individuels (hot desks).

Promouvoir l’expansion de la ville

L’objectif  ? Multiplier le nombre de résidents actuels par 4 d’ici 2020, et augmenter l’espace ouvert à la location à l’intérieur de la zone franche d’un tiers chaque année jusqu’à cette date.

Pour le moment, plus de 400 compagnies en provenance de six continents sont gérées depuis Masdar City. Il s’agit aussi bien de start-ups que de multinationales telles que Siemens, Lockheed Martin, GE, Mitsubishi Heavy Industries ou encore Schneider Electric. Environ 5.000 personnes travaillent dans l’éco-cité solaire, un nombre qui devrait dépasser les 15.000 dans les trois ans à venir et atteindre 40.000 à l’horizon 2030.

Une seconde phase dans la recherche et le développement

Dès l’année prochaine, Masdar City va mettre à disposition une surface exploitable de 5000 mètres carrés au sein d’Accelerator 1. Ce bâtiment fait partie du pôle de Recherche et développement de la ville, constituant la seconde phase d’expansion de Masdar City. Il englobe des appartements résidentiels et une école de haut niveau à quelques pas du Masdar Institute, ainsi qu’environ une douzaine d’autres projets pilotes.

A l’occasion de la semaine de la technologie de Dubai, Al Fardan avait ajouté, convaincu : « notre dernière initiative renforce encore plus l’attrait de Masdar City pour de futurs entrepreneurs en énergie propre, et l’encadrement croissant de ressortissants des EAU ayant le sens des affaires et diplômés du Masdar Institute ». Une vision optimiste qui veut faire oublier les déconvenues et les quelques désillusions actuelles.

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