La French Fab sauvera-t-elle l’industrie française ?

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Après la French Touch et la French Tech, c’est au tour de la French Fab de venir faire la promotion du made in France.

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A la tête de Bpifrance (la Banque publique d’investissement), Nicolas Dufourcq avait annoncé, il y a près d’un an, le lancement du mouvement French Fab. Promesse tenue. Après la French Touch et la French Tech, voici venu le petit dernier des groupes de réflexion tendance venant à la rescousse de l’économie française qui cherche encore sa place dans la mondialisation. La French Fab n’est pas seulement un coup marketing : son ambition est réelle.

La France compte de nombreux talents, qu’ils soient ingénieurs, managers, créatifs, techniciens. Pourtant, elle semble bien mal engagée dans la bataille mondiale pour l’industrie. La faute aux taxes, à la formation, aux lourdeurs administratives ? Pour Bpifrance, le problème vient aussi du manque de cohésion des acteurs français qui mettent la plupart du temps leurs talents au service de groupes étrangers plutôt que de participer au rayonnement de l’industrie française autour du monde.

L’industrie française résiste

La première mission de la French Fab est de montrer qu’il existe encore un tissu industriel français. Mais ce dernier est en mutation, il cherche sa place et doit se réinventer. Comme le rappelle Nicolas Dufourcq : il y a un million d’ingénieurs en France. Autant qu’en Allemagne !

La French Fab a également pour mission de définir une ligne pour l’industrie française, lui redonner une identité et une raison d’exister. Alors que les usines traditionnelles peinent à garder le cap, Bpifrance entend bien faire la promotion d’une industrie basée sur l’innovation et l’expertise dans des domaines de pointe.

Il faut dire que la France a des atouts dans certains secteurs très complexes comme l’aéronautique ou encore le nucléaire. Mais ces industries se voient de plus en plus concurrencées. La France doit mettre tous ses talents à l’œuvre pour devenir leader dans les technologies qui feront la prochaine décennie, comme la voiture autonome, les objets connectés, les énergies du futur, la robotique ou encore l’impression 3D appliquée à la médecine ou à la construction.

Vendre la France au-delà de ses frontières

Bpifrance l’a bien compris, l’enjeu de demain n’est plus de faire la promotion du made in France à l’intérieur de nos frontières, mais bien d’être un acteur majeur de l’économie mondiale. Les produits français ont toujours eu une image de qualité. Le problème, selon la Banque publique d’investissement, est plutôt culturel et vient d’un manque d’ambition des TPE et PME françaises quand il s’agit de s’exporter en dehors de leurs frontières. Ces blocages viennent parfois d’un manque de connaissance des autres marchés, ou de blocages liés aux langues, mais aussi parfois d’une peur des problèmes juridiques, fiscaux ou légaux résultant du développement à l’international.

L’initiative de Bpifrance pourrait remédier en partie à ces problèmes en sensibilisant et en accompagnant les entrepreneurs, mais aussi en les mettant en réseau, en renforçant le maillage entrepreneurial français et en faisant travailler ensemble des entreprises spécialisées dans l’industrie, la logistique ou encore l’export.

Le patriotisme économique 2.0

En promouvant la French Fab, l’objectif de Bpifrance c’est aussi que la France soit à nouveau fière de son industrie. Car si les initiatives comme la French Touch, la French Tech et maintenant la French Fab permettent d’abord d’offrir une vitrine mondiale aux forces économiques françaises,  leur but est aussi de fédérer tous les acteurs au niveau national pour leur donner une impulsion nouvelle.

Bien loin de la volonté de certains idéologues de la fermeture, le mouvement French Fab veut faire gagner l’industrie française en dehors de ses frontières, en créant une « équipe de France industrielle » capable de gagner la coupe du monde de l’économie du 21e siècle.

L’économie de demain sera une économie de la connaissance. Aucune frontière ne lui résistera. Par exemple, avec la démocratisation de l’impression 3D, de plus en plus d’objets de notre quotidien pourront être fabriqués sur mesure, à la pièce. De la tasse à café aux murs d’une maison en passant par la prothèse dentaire, tout ou presque devrait à terme pouvoir être produit en quantités réduites et au plus près du consommateur.

Le vieux modèle industriel du8 19e siècle est en train de s’effondrer. Les cartes du commerce mondial sont peu à peu redistribuées. L’industrie française doit plus que jamais retrouver sa place sur ce nouvel échiquier.

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