L’industrie parapétrolière plonge en même temps que le prix du pétrole

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L'industrie parapétrolière annonce des licenciements massifs en 2016, après une année 2015 déjà très sombre.

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Après une nouvelle chute spectaculaire ces dernières semaines, le prix du pétrole semble se stabiliser autour d’un baril à 30 dollars. Une bonne nouvelle pour le consommateur mais, du côté des producteurs et des industriels pétroliers, c’est la grise mine et 2016 s’annonce comme une année noire. Vendredi 12 janvier, la Bourse de New-York annonçait un baril à 29,93 dollars, sa valeur la plus basse enregistrée depuis décembre 2003. Une dégringolade qui commence à avoir des dégâts considérables sur toute la filière industrielle.

La chute des prix du carburant entraine l’une des plus graves crises qu’ait connues le secteur parapétrolier depuis 20 ans, au moment du contre-choc pétrolier en 1985-1986. Car derrière cette chute vertigineuse des prix à la pompe, c’est tout le secteur qui coule, en amont et en aval, à tous les niveaux de technologie. L’extraction, la production, et l’exploration vont connaître un déclin important en 2016 dus aux coupes dans le budget des principaux acteurs du marché, qui révisent leurs investissements à la baisse.

Toute la chaîne industrielle pétrolière plonge

Les conséquences d’un prix du baril qui a été divisé par 4 en moins de 2 ans sont dramatiques pour toute l’industrie pétrolière. Les multinationales qui exploitent le pétrole pour les gros pays exportateurs sont fortement impactées. Début janvier, le groupe britannique British Petroleum a annoncé 4000 suppressions d’emplois dans l’exploration et la production, soit 17 % des effectifs concernés par cette chute vertigineuse. Petrobras, la plus grande compagnie pétrolière brésilienne, prévoit pour cette année une chute de 25 % de ses investissements.

Total avait déjà pris des mesures d’économies l’an passé en diminuant, notamment, ses investissements dans l’exploration et la production. Le géant français est passé de 28 milliards d’euros annuels à un peu moins de 18 milliards pour cette année. En France, l’impact le plus fort se concentre sur le parapétrolier, l’une de ses filières d’excellence[1]. Les entreprises de sous-traitance qui travaillent dans l’exploration pour le compte des grandes sociétés pétrolières vont connaître une nouvelle année noire, après les licenciements massifs déjà opérés en 2015.

Des carnets de commande moins remplis

Au fur et à mesure de la baisse des prix, CGG Veritas, Technip ou Vallourec, des entreprises spécialisées dans les mesures des sous-sols, voient leur carnet de commandes se réduire. Ces entreprises high-tech exploitent des plates-formes maritimes ou fabriquent des matériaux spéciaux utilisés soit pour le forage, soit pour le transport. Il y a peu encore très cotée en Bourse, Vallourec, une société qui fabrique des tubes en acier réalisés sans soudure, a vu sa valeur être divisée par 5 en un an, et le groupe est sur le point de supprimer 2000 postes.

CGG Veritas va se séparer du tiers de ses employés, et tente actuellement de se renflouer via une augmentation de capital salutaire. Technip compte supprimer 6000 emplois sur 38.000 à l’heure actuelle. Schlumberger, une boîte américaine fondée par 2 Alsaciens en 1926 est en train de supprimer 20.000 emplois sur les 108.000 postes pourvus à l’heure actuelle. Des licenciements à la pelle et des regroupements sont à prévoir parmi les entreprises qui encaissent difficilement cette mauvaise passe et qui constituent désormais des proies faciles.

Des pressions provenant des donneurs d’ordres

La pression du marché sur ces sociétés parapétrolières est considérable. En incluant les sociétés actives dans le gaz de schiste, le secteur pétrolier a diminué de plusieurs centaines de milliards de dollars ses investissements au cours de ces 2 dernières années. Conséquence, les grands acteurs du marché exigent des baisses de 30 à 40 % des prix à leurs prestataires de services. Les grands groupes de sous-traitants sont donc obligés d’engager un processus de compression de personnel sans égal dans l’histoire du secteur parapétrolier.

Les entreprises actives autour des super-majors pétrolières doivent mettre au chômage des personnes qualifiées qu’ils ne peuvent tout simplement plus payer. En ces temps de disette, les travailleurs de ces entreprises de haute-technologie vont devoir faire le dos rond en attendant une relance, difficile à prédire dans le temps, mais inévitable. Car il ne fait aucun doute que le prix du baril va repartir à la hausse à un moment donné, mais il est extrêmement difficile de prédire quand !

La relance reviendra avec la demande qui reste stable

La mécanique impitoyable des marchés fait la loi : quand les prix s’effondrent, les grands groupes pétroliers coupent massivement dans leurs investissements, ce qui entraine une diminution significative des capacités de production. Mais la demande reste relativement forte, ce qui fera immanquablement remonter les prix. En attendant, le secteur parapétrolier paie un lourd tribut à cette chute vertigineuse du prix du baril, du fait de sa trop grande dépendance aux commandes des multinationales qui extraient et produisent l’or noir.

 

[1] La France et les Etats-Unis demeurent les leaders incontestés du secteur.

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