Robotisation de la supply chain, quelles perspectives ?

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La supply shain est à l’aube d’une nouvelle ère avec l’utilisation croissante des robots à chaque maillon de la chaine d’approvisionnement.

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Régulièrement, Deloitte et la MHI, l’association professionnelle américaine de manutention, logistique et Supply Chain, esquissent le futur du secteur. Une étude de 2016 détaille les 8 technologies amenées à bouleverser l’industrie. Après des années à réduire les coûts et à optimiser leurs performances, les professionnels sont à la recherche de solutions toujours plus innovantes. Du quai d’expédition du fournisseur au consommateur final, les mutations opérées sont multiples et, parmi elles, la robotique promet de transformer la supply chain dans la décennie à venir.

Des 900 professionnels interrogés au cours de l’étude, 74 % pensent que des solutions robotisées seront adoptées dans leurs entrepôts dans les 10 prochaines années. La supply chain, avec ses nombreuses tâches simples et monotones, est un terrain propice à l’automatisation. L’environnement est par ailleurs dangereux : il y a deux fois plus d’accidents du travail en logistique que dans tous les secteurs confondus. Les risques en entrepôts sont nombreux : mauvaise manipulation, chute d’un objet d’un linéaire ou en cours de déplacement ou accident avec un engin de manutention.

Du port au point de vente final : l’automatisation s’accélère

Le conteneur a ouvert la voie à une semi-automatisation des docks et à la globalisation que nous connaissons. Maersk et le port de Rotterdam sont allés encore plus loin en inaugurant en 2015 l’APMT, un terminal conteneur 100 % automatisé pour accueillir des navires toujours plus gigantesques et efficaces. Moins de 30 personnes sont nécessaires pour gérer un porte-conteneurs de 400 mètres. Rolls-Royce projette même de lancer un cargo piloté à distance en 2020. Les technologies indispensables au développement d’un tel système sont déjà opérationnelles.

Les entrepôts voient les chariots traditionnels remplacés par de transstockeurs automatisés qui permettent l’installation de plus de racks, en réduisant la largeur des allées, et le stockage en grande hauteur. Scapect (groupe Leclerc) inaugurait, fin 2015 un second entrepôt automatisé : 43.000 m² et 32 mètres de haut. Les points de vente suivent cette tendance ainsi les chaussures Sublime ouvraient récemment un magasin robotisé. L’acheteur recherche un produit sur une borne, puis celui-ci est acheminé automatiquement, permettant aux vendeuses de se concentrer sur le service client.

Des drones et des robots de livraison

Les robots mobiles devraient largement trouver leur place dans les entrepôts au côté des systèmes de stockage automatisés. Walmart teste actuellement l’utilisation de drones pour la réalisation des inventaires. Chacun effectuera quotidiennement le travail de deux mois d’un humain. Le leader mondial de la distribution suit ainsi Amazon, précurseur en 2012 avec le rachat de Kiva robots. 30.000 robots travaillent dans les entrepôts du géant américain. Aujourd’hui de nombreuses start-ups développent des unités autonomes en vue d’améliorer les performances des entrepôts.

Pour assurer leurs livraisons dans le tissu urbain, Amazon Prime Air et DHL développent des services de livraison par drones et les groupes postaux, qui espèrent profiter de la manne de l’e-commerce face à la réduction de leur volume de courrier, développent leurs propres solutions. La Poste Suisse devrait ainsi tester un système de navettes postales sans pilote dans les rues de Berne. Fortes d’une autonomie de 6 km, elles pourront transporter 10 kg. L’innovation dans le secteur vise notamment à réduire le coût du dernier kilomètre, la phase la plus onéreuse de la livraison d’un produit.

Les freins à la robotisation

Le coût de la robotisation reste conséquent, aussi les supply chain managers préfèrent aujourd’hui investir dans celles qui sont les plus adaptées à leurs activités. De plus, l’architecture des entrepôts doit être intégralement repensée pour être automatisée. De plus, selon les caractéristiques du bâtiment, les moyens de manutention classiques seront surement encore préférables même si les robots mobiles permettent de lever certaines barrières techniques. Enfin, l’entreprise qui fait ce choix stratégique devra former des équipes réduites mais plus qualifiées exacerbant au passage les risques de tensions sociales.

Dans le temps, la supply chain devrait suivre, avec la robotisation, une évolution comparable à celle qu’elle a connue avec l’apparition du conteneur maritime à la fin des années 60, permettant l’émergence de la logistique moderne et vidant, parfois dans la douleur, les ports de leurs dockers.

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