Vincent Miclet : « Le transport maritime est indispensable au développement économique de l’Afrique »

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Vincent Miclet, grand dirigeant d’entreprises en Afrique, notamment dans le secteur du transport maritime en Angola, nous offre son éclairage de spécialiste sur ce sujet d’actualité.

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En Afrique, 95% des échanges commerciaux se faisaient par voie maritime en 2012. Une tendance toujours d’actualité alors que le continent poursuit sa croissance continue, dopée par l’essor de classes moyennes et de nouveaux marchés de consommation intérieurs. En effet, l’attractivité des ports africains n’a pas faibli malgré la crise mondiale, témoignage d’une vitalité économique retrouvée. Pilier du commerce international et de la mondialisation, le transport maritime constitue un immense enjeu de croissance pour toutes les économies africaines. Vincent Miclet, grand dirigeant d’entreprises en Afrique, notamment dans le secteur du transport maritime en Angola, nous offre son éclairage de spécialiste sur ce sujet d’actualité.

Le transport maritime en Afrique : un trafic appelé à exploser d’ici 2020

Longtemps considéré comme un continent handicapé par la faiblesse de ses volumes de marchandises transportées par conteneurs, l’Afrique attire désormais les regards des plus grands opérateurs mondiaux du transport maritime. Et la croissance du secteur lors de ces dernières années, soutenue par la modernisation continue des infrastructures portuaires, encourage la tendance. « Cet intérêt croissant se vérifie tous les jours sur le terrain » nous confirme Vincent Miclet, excellent connaisseur du marché africain.

C’est que les chiffres sont également là : au-delà d’une croissance économique annoncée à 4,0% pour 2015 par le FMI, le trafic de conteneurs traités en Afrique subsaharienne est bel et bien appelé à exploser.

Ainsi, d’après une étude de marché rendue en 2013 par plusieurs cabinets d’études spécialisés, plusieurs grands ports d’Afrique de l’Ouest s’offrent des perspectives prometteuses d’ici l’horizon 2020 :

– pour le port d’Abidjan, en Côte d’Ivoire, le nombre de conteneurs traités en 2010 dépassait les 500 000 et devrait atteindre 1,2 millions en 2020,
– pour le port de Pointe-Noire, au Congo, le nombre de conteneurs traités en 2010 dépassait les 350 000 et devrait passer à plus d’un million en 2020,
– pour le port de Lomé, le nombre de conteneurs traités en 2010 atteignait était près de 340 000 et devrait dépasser 800 000 en 2020,
– enfin, pour le port de Dakar, le nombre de conteneurs traités en 2010 était quasiment de 350 000 pour un total estimé à plus de 600 000 pour l’année 2020.

C’est donc un virage majeur que s’apprête à prendre l’économie africaine, en voyant le secteur du transport maritime poursuivre un tel rythme de croissance. Avec l’émergence d’une classe moyenne qui consomme plus de biens d’équipements et une poussée démographique qui ne se dément pas, les experts annoncent une explosion des volumes, notamment du trafic conteneurisé. Un constat partagé par Vincent Miclet.

Un enjeu de croissance pour les économies africaines

Cette évolution est bien entendu le fruit d’une volonté politique, mais ce dynamisme s’explique aussi par « l’amélioration des infrastructures et les changements opérés dans la gouvernance des terminaux, avec la mise en place de concessions portuaires », rappelle Vincent Miclet. L’arrivée ou l’engagement renforcé de leaders mondiaux dans le domaine du transport maritime a en effet contribué au développement accéléré du secteur sur tout le continent.

L’Afrique a donc fait le choix de la privatisation des grands ports, comme la Grande-Bretagne dans les années 1980 sous Margaret Thatcher. Aujourd’hui, à quelques exceptions près comme en Afrique du Sud ou au Kenya, la très grande majorité des terminaux portuaires africains sont passés sous le contrôle d’opérateurs privés, via des partenariats public-privé, sous des modalités définies par la Banque mondiale.

Avec un objectif affiché : favoriser la création des meilleures infrastructures portuaires possibles en attirant des financements privés, pour renforcer la croissance et l’intégration du continent. Car à l’heure de la mondialisation et du libre-échange, où 90 % des marchandises sont transportées par voie maritime, l’expansion des échanges commerciaux constitue la cheville ouvrière de la croissance économique. Et les décideurs africains l’ont bien compris.

« La croissance à venir de l’Afrique passe impérativement par le développement d’infrastructures et de solutions logistiques toujours plus modernes, déclare Vincent Miclet. Cela vaut évidemment pour le domaine du transport maritime, qui constituera un véritable poumon économique pour le continent dans le futur, ainsi qu’une ouverture sur le reste du monde ».

Pour poursuivre sa croissance et son développement, alors que les échanges commerciaux avec le reste du monde continuent d’augmenter, le continent africain doit en effet renforcer ses capacités de transport et de logistique. Le constat est partagé par les experts économiques et l’enjeu bien connu de Vincent Miclet, lui-même investi dans la gestion d’un terminal portuaire à Luanda, en Angola.

Vincent Miclet, un acteur déjà investi dans le transport maritime africain

vincent-micletLuanda, c’est d’ailleurs le symbole même des grands besoins et des promesses immenses pour le secteur du transport maritime en Afrique. Lorsqu’on survole la capitale angolaise en avion, « on peut apercevoir les files de bateaux qui attendent d’être déchargés dans la rade du port, signe à la fois de la réussite économique angolaise et des difficultés logistiques qu’elle engendre » soulignait Victor Lopes, économiste à la Standard Chartered Bank, en 2012.

Vincent Miclet connaît bien l’Angola, un pays dans lequel il travaille depuis longtemps et où se trouve le siège de sa compagnie pétrolière, PetroPlus Overseas. « L’Angola, c’est un pays en devenir, une puissance qui monte dans la région. Avec une croissance annuelle moyenne qui dépasse les 10%, les besoins sont énormes, notamment dans le secteur logistique » explique-t-il, avant d’évoquer avec nous ses propres activités à Luanda.

En effet, depuis 2008, Vincent Miclet s’est impliqué dans l’exploitation d’un terminal portuaire dans le port de la capitale, via une joint-venture créée avec Necotrans, grand groupe français de logistique. L’expertise reconnue de ces deux investisseurs permet d’accompagner l’accroissement continu des échanges de l’Angola avec le reste du monde.

« Les exportations du pays restent principalement liées au secteur pétrolier mais il s’agit d’une économie en voie de diversification, les perspectives sont donc très encourageantes » précise Vincent Miclet, intarissable sur le sujet.

En 2012, Necotrans se retire de cette structure commune mais le dirigeant français reste actionnaire à travers la société 5M, qui assure toujours la gestion du terminal.

Pour Vincent Miclet, cela est une évidence, le domaine du transport maritime en Afrique a encore de beaux jours devant lui : « c’est indispensable au développement économique de l’Afrique, je vois donc cet engagement comme le moyen de participer à la croissance et à la modernisation globale du continent ». Ce n’est d’ailleurs pas le seul. Les grands groupes internationaux de la logistique se déploient de plus en plus dans les ports africains. Avec un impact jugé globalement positif : en dix ans, les investissements privés dans l’exploitation portuaire auront permis de mieux connecter l’Afrique au reste du monde.

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