Mathilde Lemoine nommée au HCFP
Nomination

Mathilde Lemoine

membre du Haut Conseil des finances publiques

43 ans

Parcours d’une économiste brillante et reconnue

Mathilde Lemoine est une jeune économiste, doctorante de Sciences Economiques en 1997. Professeure à Sciences Po Paris, elle  choisit en 2000 d’orienter sa carrière vers le conseil. Elle fut tour à tour conseillère auprès du Ministre délégué au commerce extérieur, puis auprès des ministres chargés de l’économie, des finances et de l’industrie, pour être chargée, en 2005, de la macroéconomie et de la fiscalité auprès du Premier Ministre d’alors, Dominique de Villepin.

Elle a fait ses armes dans les missions confiées par la Commission « Attali » (Commission pour la Libération de la croissance française) et par le Conseil d’Analyse Economique. Elle publie régulièrement  des ouvrages sur la macroéconomie, l’immobilier  et les choix publics (entre autres), et est aujourd’hui une économiste reconnue, directrice de la stratégie de la banque HSBC. Son parcours mêle le public au privé, l’étude au conseil, le politique et la finance.

Sa récente nomination au HCFP,  par le président de la commission des finances du Sénat,  n’est donc pas une surprise et elle y aura forte à faire.

Le Haut Conseil des Finances Publiques : ambitions et missions

Le conseil, créé pour répondre aux attentes du Traité de Stabilité de Coopération et de Gouvernance Européen (le fameux TSCG), a pour objectif premier de vérifier que le gouvernement fait tout son possible pour revenir à l’équilibre des finances publiques. De ce fait, le conseil doit statuer sur la cohérence, le réalisme et la viabilité à long terme des décisions économiques gouvernementales.

Les marges de manœuvre du Conseil apparaissent pourtant réduites. Mathilde Lemoine, comme ses confrères, devra se confronter aux limites des prérogatives du conseil déjà présentes dans le texte de loi, ainsi qu’à la pratique du pouvoir, qui tend à s’autonomiser des avis des organismes consultatifs.

Dans la loi, le Haut Conseil est un organisme de supervision qui, (article 15) « ne peut délibérer ni publier d’avis dans d’autres cas ou sur d’autres sujets que ceux prévus par la présente loi organique ». De ce fait, il ne peut pas émettre d’alertes, ne peut pas s’auto saisir des questions qui lui paraissent importantes et doit respecter un calendrier budgétaire imposé par les Assemblées. Vu son équipe réduite de 11 membres, le HCFP risque d’être une institution de synthèse, qui justifie à posteriori les choix gouvernementaux, plus qu’une institution gardienne de l’orthodoxie budgétaire.

Les membres du HCFP auront à définir leur rôle politique

En fonction du volontarisme de ses membres, le conseil sera plus ou moins convaincant et écouté par le gouvernement. Ceux-ci sont tous des économistes reconnus, qui crédibilisent pour l’instant  l’institution. Mais Mathilde Lemoine, comme les autres, ne sera pas rémunérée pour cette fonction et elle pourra conserver ses autres activités. Le poste apparait donc plus symbolique et honorifique que décisionnel.

L’économiste parait d’ailleurs prudente quant au rôle du Conseil « Je ne crois pas qu’il soit dans le rôle du Haut Conseil que de rebâtir toute la trajectoire du PIB potentiel. Il aura davantage le rôle, je le répète, de mettre l’accent sur les hypothèses et les analyses… ». D’autres organismes, comme l’INSEE, la Cour des Comptes ou la DGFIP (Direction générale des finances publiques) ont déjà des rôles similaires. Le HCFP, sans un investissement conséquent de ses membres, pourrait devenir un énième outil technocratique.

Mme Lemoine est connue aussi pour être une partisane de l’assainissement des finances publiques et de l’objectif européen  de revenir à un déficit de 60% du PIB. Gageons que sa nomination est une preuve que le Haut Conseil est un organisme crédible, capable d’infléchir les politiques gouvernementales !