LVMH s’accorde avec le Vietnam pour lutter contre les imitations

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En plein boom économique, le Vietnam voit ses citoyens consommer davantage de grandes marques mais aussi beaucoup de contrefaçon. Son gouvernement a récemment signé un accord avec le géant du luxe LVMH afin de pourchasser les imitations.

Avec une croissance annuelle à deux chiffres depuis plus de quinze ans, le Vietnam entre comme une fusée parmi les plus grandes puissances. S’il poursuit sur cette dynamique, il intégrera même le top 10 des plus grandes économies mondiales dans les années 2030. Cette progression entraîne de nouvelles façons de consommer au sein d’un pays qui aura été longtemps le symbole de l’affrontement entre capitalisme et communisme au cours de la guerre froide.

Aujourd’hui, le Vietnamien voit son niveau de vie s’élever, il prend l’avion pour traverser son pays du nord au sud et possède un salaire moyen lui permettant de consommer des produits de marques occidentales. Les grandes enseignes de la mondialisation (H&M, Mc Donalds…) s’implantent dans les grandes villes vietnamiennes et offrent un nouveau paysage aux classes moyennes qui se prennent à rêver également des grandes marques de luxe. Louis Vuitton, Hermès ou Dior investissent les beaux quartiers d’Hanoi ou de Saigon, siglés sur des sacs à main, des écharpes, des costumes ou des robes. 

Des experts pour authentifier les produits

Les signes de la dynamique économique du Vietnam n’échappent pas à ces grandes marques de luxe, à l’image de LVMH (Moët Hennessy Louis Vuitton), le groupe de Bernard Arnault propriétaire de Givenchy, Vuitton, Kenzo ou Marc Jacobs. Récemment, la direction du groupe a signé un accord de coopération avec la Direction de surveillance du marché du Vietnam, comme elle l’a déjà fait avec d’autres pays dans le passé (par exemple en 2014 avec l’Algérie avec une formation des douaniers pour reconnaître les imitations à la clé). L’objectif pour LVMH est simple : faire respecter le droit des propriétés intellectuelles de ses sociétés présentes au Vietnam en combattant les contrefaçons qui inondent le pays et qui portent, selon lui, un préjudice énorme aux marques qu’il détient. 

Avec cet accord, LVMH s’engage à fournir aux autorités vietnamiennes les noms de tous ses chefs de marque et représentants officiels ainsi que des informations détaillées pour déterminer l’authenticité des marques. Des experts seront également envoyés sur le terrain afin d’aider à reconnaître le vrai du faux. LVMH recevra en échange des informations concernant les contrefaçons : les autorités vietnamiennes indiqueront le type de produit concerné, la quantité, les lieux des saisies des stocks ou encore la nature des sanctions prises contre les faussaires comme le stipule la loi vietnamienne. La maroquinerie et les articles de mode sont les secteurs qui subissent le plus de contrefaçons, particulièrement la marque Louis Vuitton, fleuron de LVMH. 

Le marché du luxe se distingue par l’exclusivité et la contrefaçon offre à ceux qui n’en ont pas les moyens la possibilité d’accéder à cette exclusivité pour un coût dérisoire, ce qui lèse ensuite les clients des marques de luxe qui perdent ainsi, au moins visuellement, cette exclusivité. Même si les produits sont clairement d’une qualité inférieure et aux finitions plus grossières, la reproduction des modèles est de plus en plus fidèle aux originaux, ce qui provoque de sérieux problèmes pour les grandes marques. 

La terrible économie des contrefaçons

LVMH s’impose comme le groupe le plus virulent au monde en matière de lutte contre les imitations, dont plus de la moitié de la planète proviennent de la Chine. Il existe une route très importante par laquelle les faussaires font transiter les produits par mer jusqu’aux Emirats arabes unis en passant par les côtes de Somalie où les pirates locaux prennent part au commerce illégal. Les cartels de drogue sud-américains et les triades chinoises s’occupent de gérer cet important trafic afin de blanchir leur argent sale. 

La contrefaçon est aujourd’hui une véritable industrie. Les saisies de contrefaçons ont d’ailleurs été multipliées par 45 entre 1994 et 2011. Il s’agit donc là d’une véritable économie parallèle, illégitime et criminelle, qui dispose de soutiens et d’appuis de la part de groupes mafieux et parfois de complaisance de la part de certains gouvernements. 

Les accords passés par LVMH avec les gouvernements de pays touchés par les imitations font partie des tentatives pour estomper cet important trafic qui, s’il concerne des produits moins dangereux que les armes ou la drogue, entraîne son lot de problèmes et surtout de pertes économiques pour les grands de l’industrie du luxe. Pour LVMH, le préjudice correspondrait à une perte de 10 % du chiffre d’affaires par an sans compter l’atteinte à l’image de marque des produits authentiques. Rien d’étonnant alors, de voir Bernard Arnault et ses salariés combattre avec véhémence ce fléau.