Les transformations du marché énergétique de demain

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À l’instar du reste de l’économie mondiale, l’équilibre du marché énergétique demeure très fragile. Si cette instabilité empêche les prévisions à long terme, elle accélère une transition écologique entamée par les géants des énergies fossiles depuis plusieurs années.

Depuis des décennies, les géants du pétrole et du gaz (ExxonMobil, Total, Shell…) font office de valeurs références pour les analystes boursiers. Seulement, cette tumultueuse année 2020 pourrait bien avoir redistribué les cartes et forcé les grandes entreprises à s’adapter plus rapidement que prévu.

Un renouvellement total

Parmi ces grands noms se trouve TotalEnergies, dont le virage vers les énergies vertes orchestré par Patrick Pouyanné est entamé depuis longtemps. Le groupe français a en effet commencé à investir des milliards d’euros dans les panneaux solaires et les éoliennes dès 2011. Depuis, le groupe ne cesse de diversifier ses projets et ses sources d’énergies via des stratégies de rachats et de partenariats.

La major pétrolière made in France a récemment annoncé un accord de coopération avec Engie, dans le but de concevoir le plus grand site de production d’hydrogène renouvelable de France en région PACA. Alimenté par des fermes solaires, le projet Masshylia doit produire cinq tonnes d’hydrogène vert par jour. 

En janvier dernier, Total se lance dans le biogaz en rachetant le leader français du secteur, Fonroche. Si le montant de l’opération n’a pas encore été dévoilé, elle démontre l’importance de la transition énergétique dans la stratégie à long terme du groupe.

Dogger Bank, l’éolien version XXL

Autre cas intéressant, celui d’Equinor, la compagnie d’énergie pétrolière la plus importante de Norvège dirigée par Anders Opedal. Avec plus de 29.000 employés, c’est tout simplement la plus grande entreprise du pays. Cette dernière s’est alliée à SSE Renewables pour monter l’un des plus importants projets énergétiques d’Europe. Situé en pleine mer du Nord, à une centaine de kilomètres des côtes britanniques, il ne s’agit pas d’une future plateforme pétrolière, mais du plus grand parc éolien au monde !

Un budget de 10 milliards d’euros et une capacité record de 3,6 gigawatts répartis sur 1700 km² : le futur site de Dogger Bank est celui de tous les superlatifs et le nouvel étalon de la transition énergétique d’Europe du Nord.

Décarboner le charbon ?

Subsiste enfin le cas du charbon : composé de minéraux, de soufre, et surtout de carbone presque pur, les centrales à charbon sont les premières responsables des émissions de CO2 mondiales. Au fil des ans, banques et investisseurs, entreprises et énergéticiens se désolidarisent du charbon. Malgré cela, le «King Coal» est toujours la première source d’électricité au monde. De nombreux leaders du secteur, à l’instar de Kuzbassrazrezugol (dirigé par Iskander Makhmudov) œuvrent à neutraliser leur empreinte carbone par le biais d’un processus de reforestation compensatoire. D’autres envisagent sérieusement, quand cela est possible, une reconversion vers d’autres sources d’énergie. 

Difficile d’envisager un remplacement total des centrales à charbon par des installations vertes dans un futur proche. Néanmoins, de nouvelles technologies se mettent en place pour améliorer leur rendement, par exemple à l’aide de la technologie ultra-critique. L’eau y est soumise à des températures très élevées et sous très haute pression. Elle passe ainsi à l’état gazeux sans passer par la phase d’ébullition, ce qui améliore le rendement des centrales d’environ 20 %.

Autre solution, la capture et la séquestration du carbone (CSC) qui consiste à capter les émissions de gaz à effets de serre, pour ensuite les injecter dans des stockages géologiques. Si la technologie est encore très onéreuse pour le moment, l’augmentation régulière des prix du carbone pourrait à terme démocratiser la pratique.