Les plus grandes mines de charbon à travers le monde

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Combustible indispensable à la Révolution Industrielle, le charbon demeure toujours, au XXIe siècle, une source d’énergie incontournable. Son extraction, qu’elle soit effectuée à ciel ouvert où à 1 000 mètres de profondeur, nécessite de déployer des trésors d’ingéniosité dans des exploitations aux allures parfois dantesques. Tour d’horizon des plus grandes mines de charbon du monde, de l’Amérique du Sud à l’Inde, en passant par la Russie, les États-Unis et la Chine.

Cerrejón, fleuron du charbon colombien

Si le pays ne compte que pour 1 % dans la production mondiale, la Colombie n’en héberge pas moins l’une des plus grandes mines de charbon à ciel ouvert du monde. Située dans le département de Guajira et découverte à la fin du XIXe siècle, le gisement de Cerrejón ne fait l’objet d’une exploitation minière  que depuis 1985.

Au cœur d’une fourmilière qui ne connaît aucune interruption, les 5400 ouvriers qui s’y pressent extraient en moyenne 30 millions de tonnes par an sur un site qui en recèlerait encore, selon les experts, 241 millions. Typiques de l’extraction en surface, ses terrasses en forme de gradins s’étendent sur une superficie de 69.000 hectares et sont agrémentées d‘un port, d’une gare et d’un aéroport.

Permettant à la Colombie d’atteindre le rang de quatrième exportateur mondial de charbon, les ressources extraites à Cerrejón alimentent les centrales thermiques et les sites industriels des Etats européens, asiatiques et américains. Et pour cause : c’est une coentreprise de trois multinationales (BHP Billiton, Anglo American et Glencore) connue sous le nom de  Carbones del Cerrejón Ltd qui assure l’exploitation de cette gigantesque mine. 

Des centaines de millions de tonnes de charbon encore inexploitées en Russie

La Russie compte parmi les plus grands exportateurs de charbon au monde et possède, de facto, de nombreux gisements et réserves de charbon impressionnantes.

L’exploitant Kuzbassrazrezugol a notamment la charge des mines de Krasnobrodskiy et Taldinsky et de Bachatsky dans le Kouzbass. Chacune de ces mines recèlerait encore de plus de 300 millions de tonnes de charbon, avec des réserves gigantesques de près de 1 500 millions de tonnes de charbon pour la seule mine de Taldinsky.

Kuzbassrazrezugol, qui appartient à l’UMMC d’Iskander Makhmudov, est le deuxième plus grand exploitant de charbon en Russie, derrière la Siberian Coal Energy Company, en abrégé SUEK d’Andreï Melnitchenko, numéro 1 en Russie.

Les États-Unis, première réserve mondiale

Si, aux États-Unis, le secteur traverse actuellement une crise, le pays n’en demeure pas moins la première réserve mondiale de charbon puisqu’elle détient près d’un quart des réserves mondiales. Possédant encore en son sol 250 milliards de tonnes du précieux combustible, les États-Unis pourraient, selon les estimations, vivre sur leurs réserves durant près de quatre siècles, contre seulement 37 ans pour la Chine.

C’est dans le Wyoming, à North Antelope Rochelle, que se situe la plus grande mine de charbon du monde. Exploitée par Peabody Energy (créée par Francis S. Peabody en 1883 et à ce jour la plus grande société du secteur privé au monde dans le secteur minier), le site, inauguré en 1984, peut produire jusqu’à 110 millions de tonnes en l’espace d’une seule année. Deux autres sites situés aux Etats-Unis, ceux de Black Thunder et de Caballo, entrent, eux-aussi, dans la catégorie des plus importantes exploitations mondiales.

En Inde, la plus grande mine d’Asie

La Chine, à la fois premier pays producteur, mais aussi premier consommateur, utilise à elle seule plus de la moitié de la production mondiale de charbon, nécessaire pour alimenter ses centrales électriques (70 % d’entre elles fonctionnant grâce à ce combustible fossile). Depuis 2000, les besoins de la Chine en matière de charbon ont augmenté de 162%.

Pourtant, ce n’est pas au sein de l’Empire du Milieu que se trouve la plus grande exploitation d’Asie. Même si les mines de Haerwusu et de Hei Dai Gou sont colossales, c’est en Inde, dans le centre du pays, que se situent le Kobra Coalfield et sa mine à ciel ouvert de Gevra, deuxième plus grande de sa catégorie dans le monde. Opérationnelle depuis 1941 et alimentant principalement les immenses besoins énergétiques indiens, la production de la mine peut dépasser, comme en 2010, les 100 millions de tonnes à l’année.

Dommages environnementaux et coûts d’exploitation

Pour des raisons de coûts de fonctionnement élevés, nombreuses sont les mines européennes à avoir cessé leur activité. La dernière mine de France, située à La Houve, en Moselle, a fermé ses portes en 2004. Certaines exploitations subsistent encore, notamment en Allemagne et en Pologne, qui constituent respectivement les première et deuxième réserves de charbon d’Europe. Les gisements de Tagebau Garzweiler et de Hambach, en Allemagne, et de Belchatow, en Pologne, sont les plus importants du continent.

Encore indispensable pour alimenter les centrales thermiques ainsi que les sites industriels tels que les aciéries, le charbon, bien que contesté pour son impact écologique, reste encore une ressource énergétique majeure. En 2018, 7 813 millions de tonnes ont été extraites du sol, principalement en Chine, en Inde et aux États-Unis. Le podium de la production mondiale est trusté par deux entreprises anglo-australiennes, à savoir BHP Billiton et Rio Tinto, talonnées par la Chinoise China Shenhua Energy.