Richard Branson, Jeff Bezos et Iskander Makhmudov : les milliardaires touchent les étoiles du bout des doigts

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Pour celles et ceux qui voulaient toucher les étoiles, le rêve est désormais à portée de main. Depuis quelques années, des entreprises se sont positionnées sur le marché du tourisme spatial et certaines d’entre elles voient leur projet prendre forme. Du simple vol de 20 minutes aux deux semaines dans un hôtel de luxe à 320 kilomètres du sol, diverses expériences sont proposées aux porte-monnaie les plus fournis.

Plusieurs acteurs pour des offres variées sur un marché qui se construit

On admet généralement que l’espace commence à 100 kilomètres au dessus de nos têtes. A cette altitude, le ciel devient noir et la courbe de l’horizon terrestre est nettement visible. Et c’est à ce niveau que comptent voler les vaisseaux de Virgin Galactic et Blue Origin. Les deux sociétés pionnières du vol dans l’espace proposent pour 250 000 dollars de propulser des touristes dans l’espace. Un vol de quelques minutes en apesanteur leur permet de tutoyer les étoiles.

L’entreprise Orion Span a annoncé quant à elle le lancement du premier hôtel de luxe dans l’espace. Si déjà quelques heureux élus avaient pu passer un court séjour à bord de l’ISS, Orion Span propose une tout autre expérience. Pour 7,7 millions d’euros, vous pourrez vous offrir 12 jours à 320 kilomètres d’altitude avec une vue imprenable sur la Terre. Avec 3 mois de préparation pour l’astronaute en herbe, cette expérience “all inclusive” à gravité zéro espère susciter la ferveur d’explorateurs en quête de nouvelles sensations.

Le point commun entre ces différents acteurs ? Ils ont tous derrière eux pour les soutenir des milliardaires qui voient leur rêve de conquête spatiale se concrétiser. Richard Branson bien sûr, qui n’en est pas à son premier galop aérien puisqu’il a fondé Virgin Airways. Jeff Bezos également, fondateur d’Amazon et nouvel homme le plus riche du monde, mais aussi Iskander Makhmudov, entrepreneur russe dont la fortune est estimée à plus de 4 milliards de dollars.

Des projets américains, mais pas que !

Si les géants américains ont déjà conquis le marché, d’autres acteurs économiques privés comptent bien proposer une offre adaptée à leur clientèle. C’est le cas de la Russie, dont le programme spatial est le seul à encore envoyer des hommes en orbite autour de la Terre. Les programmes spatiaux russes bénéficient toujours de moyens importants tandis que les astronautes sont systématiquement envoyés sur l’ISS à bord de fusées Soyouz.

La tradition spatiale est fortement ancrée dans la culture russe depuis Youri Gagarine, le premier homme à avoir été envoyé dans l’espace. Et ses héritiers reprennent dignement le flambeau. Aujourd’hui la conquête spatiale passe par le développement de projets privés dont le fer de lance est Iskander Makhmudov, copropriétaire de la Ural Mining and Metallurgical Company et principal investisseur de la compagnie CosmoCourse. Cette dernière entend bien faire voler ses premiers astro-touristes dans l’espace à horizon 2025 à l’aide de fusées-porteuses réutilisables et d’un vaisseau spatial de sept places.

Un défi économique nouveau

La conquête spatiale a un temps été considérée comme un élément de soft power indispensable pour les États dans leur quête d’influence mondiale. Mais les programmes spatiaux proposant des vols habités sont coûteux et ne rapportent au final que très peu d’argent. C’est pourquoi les États les ont peu à peu abandonné, préférant envoyer des satellites de communication et de recherche scientifique. C’est donc maintenant aux investisseurs privés de prendre le relais de la conquête spatiale.

L’enjeu de ces vols n’est résolument plus de réussir à envoyer un homme dans l’espace. Cette prouesse technique est déjà maîtrisée de longue date par les grands programmes spatiaux mondiaux. L’objectif est ici de réutiliser les éléments nécessaires au vol spatial afin de réduire drastiquement les coûts de production. C’est sur la base de cette théorie déjà éprouvée par Blue Origin que les entreprises aux fonds privés espèrent toucher un public plus large et rendre ce marché dynamique à terme.

Car il y a fort à faire. Le ticket pour l’espace à 250 000 dollars est encore à la portée de peu de bourses. Mais le fait que le vol spatial habité soit repris par des entreprises privées et soutenu par des milliardaires suppose que des fonds importants seront alloués à ces programmes. Cela suppose aussi qu’ils bénéficieront d’innovations permettant de réduire les coûts et de ramener cette expérience unique à la portée d’un public beaucoup plus large.