Gaz de schiste : Les Etats-Unis avancent, l’Europe piétine

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L’exploitation du gaz de schiste fait actuellement débat en France. Entre indépendance énergétique et préoccupations écologiques, difficile de trancher sur la posture à adopter sur ces « gaz non conventionnels ».

Les Etats-Unis et le gaz de schiste le choix économique

Les Américains, contrairement à l’Europe, ont rapidement tranché sur ce débat. Les Etats-Unis comptent en effet sur le gaz de schiste pour redresser leur économie, en créant de l’emploi et en offrant une sécurité énergétique au pays. Exxon Mobil, géant énergétique américain, a ainsi publié un rapport intitulé « Outlook for Energy : A View to 2040 ». Selon cette étude, les gaz de schiste pourraient permettre aux Etats-Unis de devenir exportateurs nets d’hydrocarbures en 2025.

Des impacts socio-environnementaux négligés

Si l’AIE (Agence Internationale de l’Energie) recommande un développement de l’exploitation du gaz de schiste, elle préconise la prise en compte de l’impact social et environnemental dans l’installation de nouveaux forages. Or, le développement forcé du gaz de schiste aux Etats-Unis a été vivement critiqué puisqu’il semble que le pays de l’Oncle Sam ait préféré prendre de l’avance dans ce domaine sans tenir compte de l’impact socio-environnemental de l’exploitation des gaz de schiste.

Les enjeux énergétiques sont de fait étroitement liés avec les enjeux géopolitiques des pays. Les Etats Unis souhaitent en effet diminuer leur dépendance énergétique, notamment vis-à-vis du Canada, et fait passer cet objectif devant les préoccupations sociales et écologiques.

Un procédé d’extraction contesté

Procédé d'extraction du gaz de schiste

Le procédé d’extraction du gaz de schiste est en effet pointé du doigt. Afin d’extraire le gaz du sol, il est nécessaire d’injecter de l’eau à haute pression dans la roche, mélangée à du sable et à des substances chimiques. Ce processus de « fragmentation hydraulique » permet la remontée du gaz emprisonné dans la roche. Il est toutefois décrié car il déformerait les paysages et modifierait en profondeur la structure des sous-sols.

La position allemande sur le sujet

En Europe, l’Allemagne a autorisé la fracturation hydraulique, dans les zones ne contenant pas d’importantes réserves d’eaux ou de sources minérales. Cette restriction permet toutefois l’utilisation du fracking (fracturation hydraulique) sur 86% du territoire allemand. Comme pour les Etats-Unis, le principal souci est celui de la dépendance énergétique. En effet, l’Allemagne importe la moitié de son gaz de Russie. Le gouvernement allemand vise par ailleurs à arrêter sa production nucléaire d’ici à 2022.

Dans ce contexte, il doit prendre des décisions afin de pouvoir se tourner vers de nouvelles sources d’énergie. Il n’est, par conséquent, pas étonnant de voir l’Allemagne prendre le chemin de l’exploitation du gaz de schiste afin de sécuriser ses approvisionnements et de garantir la stabilité des prix énergétiques dans le pays. Le gaz de schiste est de fait amené à jouer un rôle clé dans la transition énergétique allemande.

L’impasse française ?

L’Europe prend, selon les industriels, du retard dans l’exploitation de cette ressource du fait d’une application trop stricte du principe de précaution qui empêcherait les pays de mener une recherche compétitive sur les méthodes de forage, ce qui risquerait d’entamer la compétitivité européenne en matière énergétique à moyen terme.

Un pays indécis

Quelle est la position de la France concernant ce sujet ? Le rapport Gallois préconisait en 2012 la recherche concernant le gaz de schiste. Le gouvernement français avait toutefois rejeté cette proposition, afin de rester en ligne avec les promesses du candidat Hollande.

Le débat n’est toutefois pas clos, dans la mesure où le président Hollande s’est dit opposé au procédé de fracturation hydraulique mais dit resté ouvert au débat si un procédé alternatif d’extraction plus écologique était mis au point. L’OPECST (Office Parlementaire d’Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques), groupe parlementaire chargé de conseiller le gouvernement dans ses choix énergétiques, doit rendre à l’automne un rapport sur le sujet. Le Vieux continent réfléchit, le Nouveau Monde avance. Rien ne sert de courir, mais qui est parti à point ?

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