Les enjeux de l’industrie du numérique à l’heure du scandale PRISM

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Le Guardian a révélé en juin l’existence du programme PRISM, révélation qui a profondément choqué l’opinion mondiale. Au-delà du caractère intrusif du programme de la NSA, une autre question se pose : quel est le rôle des grandes entreprises qui ont collaboré (et collaborent toujours) à ce programme ?

serveur PRISM NSA, collecte de données

Dans la ligne de mire des observateurs, on retrouve les grands noms du web (Google, Microsoft, Facebook,…). Les consommateurs réalisent (enfin) la masse d’information qu’il est possible d’exploiter à leur sujet.

Pouvait-on encore longtemps se voiler la face ?

Peut-on reprocher aux consommateurs de jouer les vierges effarouchées ? Oui. La révélation de l’existence du programme Echelon, dans les années 90, avait déjà démontré l’omniscience des services de renseignement, capables d’intercepter toutes les télécommunications à l’échelle mondiale. Comment s’étonner de l’existence du programme PRISM, qui ressemble à s’y méprendre à une extension du programme Echelon ?

Illustration du programme Echelon sur les télécommunication

Le rôle des géants du web

Ce qui a réellement choqué les internautes, c’est plus probablement la coopération des sites qu’ils utilisent quotidiennement. Google, Skype, Facebook sont autant de noms qui font partie prenante de notre quotidien. A ce titre, il existe une relation quasi-affective entre les internautes et les sites concernés. Les utilisateurs ont pu se sentir trahis par ces sites, auxquels ils accordent leur confiance chaque jour et qui bafouent leur vie privée en retour.

Toutefois, ces sites ne peuvent pas réellement aller à l’encontre de la volonté du gouvernement.  Snowden, l’homme qui a révélé l’existence du programme PRISM,  affirme dans une série de questions-réponses au Guardian que les sites web pouvaient refuser de coopérer et que le gouvernement américain, dans ce cas, ne pourrait pas fermer les sites réfractaires.

Faire plier les entreprises !

Il se trompe, car d’autres sanctions auraient pu apparaître contre les sites refusant de coopérer (taxes ciblées, amendes, enquêtes sur l’évasion fiscale,…), le gouvernement possède un attirail de moyens pour faire plier même les entreprises les plus importantes du pays – ce qu’il avait fait par exemple en 1890 avec le Sherman Act pour démanteler la Standard Oil, puis en 1914 avec le Clayton Act.

Par ailleurs, les entreprises du web ne peuvent pas cesser de collecter des données, et la NSA pourrait, par un moyen ou un autre, accéder à leurs serveurs, avec un cadre légal limité voire inexistant.

Les données, un enjeu économique pour les acteurs du web

Le modèle économique (business model) des grands noms du web repose sur l’exploitation de données (data-mining) sur les consommateurs, afin à la fois de proposer un service plus adapté aux consommateurs, mais également de proposer des publicités plus ciblées et par conséquent de pouvoir vendre plus cher leurs espaces publicitaires.

Il est donc impensable que les géants du web cessent de collecter des informations sur leurs consommateurs, cela reviendrait à se tirer une balle dans le pied (voire directement dans la tête).

Plus de 90% du chiffre d’affaires de Google provient de la publicité, 85% pour Facebook. Ce que vendent les grands sites internet, c’est de la visibilité aux entreprises auprès d’une audience extrêmement ciblée. Pour cibler spécifiquement une audience selon de nombreux paramètres, il est nécessaire de collecter des informations précises sur les utilisateurs.

Dans ce contexte, il est impossible pour les sites internet de faire une croix sur la récolte de données concernant les utilisateurs. Il convient donc que l’utilisateur apprenne à gérer le contenu qu’il met en ligne et se responsabilise de son double numérique !

Commentaire

  1. GromyVss says:

    La France et l’Europe son d’ailleurs en train de rater le tournant du big data. Votre autre article sur le big data l’explique bien d’ailleurs !

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