Plaxtil recycle les masques en papier

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La start-up châtelleraudaise organise la collecte des masques usagés et les transforme en objets en polymère recyclable.

La crise sanitaire a généré un nouveau type de déchet : le masque jetable. Un désastre écologique dans de nombreux endroits sur la planète, où ces masques viennent en rajouter à la pollution des campagnes et des océans. A Châtellerault, cet état de fait a poussé la start-up Plaxtil à concevoir un nouveau matériau de recyclage à partir de ces masques usagés, ainsi qu’un système de collecte pour les récupérer.

Plaxtil, start-up fondée en octobre 2019 par Jean-Marc Neveu et Olivier Civil, est une entreprise spécialisée dans la fabrication de plastique écologique à base de textile recyclé. Dès l’été 2020, elle lance donc la collecte des masques usagés et met au point un nouveau process pour leur recyclage. “Nous ne sommes pas obligés de jeter, brûler ou créer une nouvelle pollution. Arrêtons de dire que les masques ne sont pas recyclables. C’est une aberration, s’enflammait Olivier Civil interrogé alors par La Tribune.

Le polymère ainsi mis au point par Plaxtil, substitut au plastique standard, est transformé en objets courants : ouvre-portes, protections pour smartphones, visières, cintres, règles et équerres, entre autres. « On planche sur de nouveaux objets, précise Jean-Marc Neveu. Plutôt des objets qui soient utiles. » L’idée étant bien-sûr de rester fidèle à la démarche éco responsable de Plaxtil. L’avantage de ces objets est qu’ils sont eux-mêmes 100 % recyclables.

Partenariat avec la Ville de Paris

A l’été 2020, de nombreuses bornes de collecte avaient été mises en place dans l’agglomération de Châtellerault. Et des essais avaient également été faits avec la Ville de Poitiers, le département de la Vienne ou encore le CHU de Poitiers.

Depuis, les villes de Châtellerault et de Poitiers ont malheureusement arrêté leur collaboration avec Plaxtil, mais l’aventure se poursuit avec le CHU de Poitiers. D’autres villes ont aussi accepté de participer à cette opération de recyclage. C’est le cas de Paris, puisque depuis le 17 mai dernier, des bornes de collecte de masques ont été mises à la disposition des Parisiens dans chaque mairie d’arrondissement. 

Pour faciliter la collecte des masques, les cofondateurs de Plaxtil ont lancé en Janvier 2021 Essaimons, une entreprise sociale et solidaire de logistique chargée d’organiser la récupération des masques auprès de tous : entreprises comme particuliers. Essaimons commercialise donc des bornes de collecte de masques.

Une économie circulaire et solidaire

Elle est dédiée exclusivement au recyclage des masques. Avec un objectif social : former des salariés en insertion à la plasturgie, à la logistique, et au commerce en ligne. L’entreprise compte déjà trois salariés, et prévoit d’en embaucher un de plus. 

Jean-Marc Neveu, cofondateur de Plaxtil et d’Essaimons, met en avant la complémentarité des deux entreprises : la première dédiée à l’innovation technologique, et la seconde à l’innovation sociale sous un slogan unique « La boîte qui recycle pour de vrai ». Essaimons revendique les valeurs de l’économie circulaire, solidaire et équitable.

Aujourd’hui Plaxtil/Essaimons transforme plus d’un million de masques chaque mois selon Jean-Marc Neveu. Plus de cinquante entreprises, communes ou départements français participent à la démarche.« Depuis qu’on a lancé la collecte, on reçoit des dizaines de courriers avec des masques dedans » affirmait Jean-Marc Neveu. Preuve que le public est demandeur. Aujourd’hui Essaimons commercialise des bornes de récupération via son site internet. Pour une borne, qui peut contenir plus de 500 masques, il faut débourser la somme de 96 euros. Ce prix inclut la boîte en carton mais aussi le transport aller/retour, la manutention, le recyclage… En échange le client reçoit des objets fabriqués par Plaxtil… tout en participant à un projet solidaire et écoresponsable.

Sources des photos : radiofrance.fr