Commerce équitable et finance solidaire, des défis communs

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Une étude réalisée à l’occasion du Salon des Solidarités, qui s’est tenu à Paris au mois de juin, révèle les ambitions communes du commerce équitable et de la finance solidaire.

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Comme tous les ans depuis 2009, le Salon des Solidarités a été l’occasion de nombreuses rencontres et a permis de sensibiliser les visiteurs aux pratiques responsables. Parmi ces dernières, le commerce équitable, ainsi que la finance solidaire, ont été l’objet d’une étude commandée par l’association Max Havelaar et par l’investisseur social Oikocrédit. Menée auprès d’un échantillon représentatif d’épargnants français, ses conclusions permettent de tirer de multiples enseignements et ouvre la voie à une étroite collaboration entre ces deux notions.

Les réponses données par les personnes interrogées démontrent que si le concept de commerce équitable est connu d’une grande majorité (93% des sondés en ont déjà entendu parler, et 65% pensent en connaitre précisément le fonctionnement), la finance solidaire, elle, manque cruellement de visibilité. A peine plus de la moitié des épargnants connaissent le nom de cette pratique financière, et seulement 18% d’entre eux déclarent en comprendre les principes. Pourtant, plus des deux tiers des personnes maîtrisant ces deux concepts les jugent efficaces et ont conscience d’effectuer un geste utile et engagé.

Des objectifs communs

infographie-planisfair_max_havelaar_france-2000-Eclairage-PublicA première vue, le commerce équitable et la finance solidaire sont deux idées assez éloignées l’une de l’autre. Si le premier permet d’améliorer les conditions de vie des agriculteurs du Sud, en les rémunérant de manière plus juste, la finance solidaire se propose d’appliquer au secteur financier les principes de l’économie sociale. Fixer une éthique aux opérations financières devient possible, en permettant le financement de coopératives, en apportant des fonds pour l’agriculture biologique, ou en permettant aux personnes exclues de l’épargne bancaire institutionnelle de bénéficier de micro-crédits. De nombreux acteurs du commerce équitable pourraient tirer parti de ces financements, d’où une réelle complémentarité entre ces deux pratiques.

Les acteurs à l’origine du sondage

Oikocredit-Microfinance-Cycle-FINALLes deux organismes à l’origine de cette récente étude sont d’ailleurs hautement représentatifs de cette communauté d’intérêts. L’association loi 1901 Max Havelaar regroupe des ONG et des représentants de producteurs engagés dans le fairtrade, ou commerce équitable. Et Oikocrédit, société financière coopérative fondée en 1975, a pour but de fournir un capital aux personnes défavorisées, par le biais des investissements effectués par des particuliers ou des institutions. En réalisant cette enquête, ces deux acteurs majeurs ont donc voulu voir à quel point et à partir de quelle base une convergence de leurs pratiques serait possible.

Les raisons d’un rapprochement

L’économie solidaire contemporaine se veut la preuve que le commerce et la finance peuvent être envisagées d’un autre point de vue que le simple enrichissement. Cette alternative se place dans la mouvance de la consommation responsable et des mouvements sociaux considérant que le commerce et l’économie peuvent avoir une fin sociale. Si l’efficacité de ces concepts n’est plus à prouver, leur manque de visibilité, mis en relief par ce sondage, démontre la nécessité de mieux faire connaitre cette alternative au grand public. Si la plupart des banques proposent en effet des placements solidaires, ces derniers ne sont pas toujours mis en valeur ni expliqués comme il se devrait. Même problématique pour les produits issus du commerce équitable, souvent disponibles en magasin ou en grande surface, mais trop peu mis en avant. Pourtant, 52% des épargnants interrogés affirment avoir déjà acheté des produits fairtrade.

« Tout reste à inventer »

Selon Anne-Marie Berthier, directrice de la communication et des relations extérieures chez Max Havelaar, cette première prise de parole commune et cette étude démontrent que « tout reste à inventer » afin de promouvoir et de rapprocher ces pratiques équitables et profitables à la fois pour les consommateurs, les investisseurs, et les producteurs qui trouveront ainsi des financements et des débouchés pour leurs produits. Forts de ce sondage, les acteurs de ces pratiques solidaires devront donc trouver des solutions communes afin accroître la visibilité de leurs actions.

 

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