« Ce qui est à moi est à toi » : comment la crise économique a révolutionné notre façon de consommer

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La propriété individuelle est aujourd’hui moins à l’ordre du jour que le partage de biens collectifs, ouvrant la porte à une consommation collaborative plus intelligente et respectueuse de notre environnement.

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La crise économique de 2008 et ses conséquences sociales et environnementales ont fait voler en éclat le mythe de la croissance infinie sur une planète aux ressources finie. Elles ont grandement remis en question la société de consommation telle qu’on la vivait jusqu’alors et selon laquelle la consommation de biens et de services par une population lui assurait une économie prospère et un marché de l’emploi florissant.

Face à cette crise, à la baisse du pouvoir d’achat des citoyens et à la prise de conscience des dommages environnementaux qu’un tel système imposait à notre planète, il a fallu revoir nos modes de vie et de consommation, réinventer des systèmes prenant en compte la réalité d’un Marché et d’une planète à bout de souffle…

Par exemple, il nous est à tous un jour arrivé de regarder notre bibliothèque, notre vidéothèque, notre discothèque pleine à craquer et de penser : « J’ai déjà vu ces films, écouté ces albums, lu ces livres. Je ne vais pas recommencer. Aujourd’hui ils sont là, à prendre la poussière, à satisfaire mon désir de les posséder, tandis que ma réelle envie était de vivre l’expérience qu’ils m’ont offert… ».

D’où nous vient ce besoin d’entasser toujours plus d’objets qui ne nous servent plus et qui par ailleurs pourraient servir à d’autres? Et si ce besoin de possession n’était qu’une illusion et qu’au lieu de les posséder éternellement, nous offrions à tous ces objets une deuxième, voire une troisième, une quatrième, une infinité d’autres vies auprès de personnes avec lesquelles nous partagerions l’expérience de cette objet ?

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Priorité à l’usage sur la propriété

C’est ainsi que nait la consommation collaborative en tant que système alternatif de consommation. Si elle existe depuis toujours dans la pratique, la théorisation de son concept est assez nouvelle. Elle veut réinventer ce que nous consommons et la manière dont nous consommons en donnant la priorité à l’usage d’un objet ou d’un service sur sa propriété. Elle vise non pas à posséder des biens et des services mais à s’en partager la fonction.

Et ce principe se décline à l’infini, avec tout type de biens et de service car on peut dans la pratique – presque – tout partager, prêter, troquer, louer, revendre : depuis la voiture ou le vélo aux vêtements, livres, DVD… en passant par un bout de canapé prêté quelques jours à un couch surfeur, un espace de travail, un appartement ou des compétences en web design ou en coupe de cheveux! Chacun d’entre nous peut être contributeur, acteur, créateur, collaborateur sur ce nouveau marché.

Le rôle d’Internet primordial

Le rôle d’Internet dans ces échanges est primordial et le développement exponentiel des échanges en ligne, des places de marché public et des réseaux sociaux aura permis l’essor de ce mode de consommation alternatif. Internet, ce marché infini aux limites sans cesse repoussées, peut en quelques clics répondre aux besoins personnels de chacun. C’est le socle d’un village mondial ou la confiance entre des étrangers est le gage de la réussite de nouveaux modes de consommation.

La réinvention de nos modes traditionnels de partage, de troc, de prêt, de location, d’échange, de don par les réseaux sociaux, les nouvelles technologies et les sites communautaires, voilà le défi relevé par la consommation collaborative. Sommes-nous en train de nous réveiller et de mesurer l’immensité du gâchis que nos modes de consommation traditionnel ont provoqué ? En tous cas, la révolution de la consommation est en marche, celle qui transforme une société de possesseurs individualistes en partageurs de bien collectifs.

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