Boost : un projet structurel pour accroitre la rentabilité d’Air France

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Air France est actuellement en phase de négociations avec les syndicats pour créer une filiale low-cost dont le premier vol serait prévu en octobre 2017 et qui devrait à l’horizon 2020 disposer de près de 28 avions.

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Annoncé le 3 novembre 2016 par Jean-Marc Janaillac, P-DG du groupe Air France-KLM, le projet « Boost » vise à la création d’une nouvelle filiale (dont le nom reste à déterminer) qui serait incluse au sein d’Air France. Ce projet s’inscrit dans un plan plus général intitulé « Trust Together » présenté quelques jours plus tard et qui prévoit, outre la création de cette filiale, une potentielle filialisation de l’activité « maintenance » de la compagnie.

Le projet Boost est l’un des points phares du projet stratégique d‘Air France pour redresser la rentabilité d’Air France. A ce titre, la future flotte de Boost sera déployée uniquement sur les lignes aujourd’hui déficitaires d’Air France.

Initialement rejeté le 1er décembre 2016 par le Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL), le projet a depuis fait l’objet de négociations et a été approuvé par ledit syndicat le 20 février 2017.

Un projet soumis à l’aval des syndicats

Le projet Boost vise à rivaliser avec les compagnies low cost, sur les vols moyen-courriers, et avec les compagnies du golfe persique (Emirates, Qatar Airways) sur les destinations long-courriers.

Pour Franck Terner1, directeur général d’Air France, ce projet vise à retrouver une « croissance » et à mettre fin à plusieurs « années de stagnation » ; en d’autres termes : il s’agit de créer une structure à bas coûts permettant au groupe de décoller et de redevenir compétitif face aux autres compagnies low-cost du secteur européen. D’ailleurs, dans une lettre adressée à l’ensemble des pilotes de la compagnie en date du 6 février 2017, M. Terner invitait ceux-ci à « donner un avenir à Air France ».

L’externalisation d’une partie de l’activité et de la flotte approuvée

Le 20 février 2017, le SNPL a entendu le souhait de son DG et a rendu un avis positif vis-à-vis du projet. Cet avis fait suite à la consultation des pilotes par ledit syndicat. Ceux-ci ont dû répondre à la question suivante : « approuvez-vous l’externalisation d’une partie de l’activité et de la flotte long et moyen-courrier d’Air France dans une nouvelle structure ? » Le « oui » a remporté 58,1 % des suffrages.

Cependant, rien ne dit que le projet pourra effectivement prendre son envol et être mis en œuvre. En effet, la consultation de ce syndicat n’est qu’une étape préalable à la consultation d’autres syndicats tels que SNPNC-FO (représentant le personnel de bord) et au vote définitif du projet par l’entreprise.

Un projet aux enjeux colossaux

Le défi est de taille puisque l’entreprise se retrouve coincée entre la volonté de baisser les coûts et la réticence des employés à voir réduire leurs salaires ou allonger leur temps de travail. Pour le P-DG nouvellement nommé (mai 2016), l’enjeu est encore plus grand compte tenu des conséquences que pourraient avoir une grève générale des employés. On se souvient en effet des grèves généralisées des pilotes en 2015 et 2016 et du blocage en découlant qui avaient conduit plus ou moins directement au départ d’Alexandre de Juniac (précédent P-DG).

Toutefois, les syndicats semblent également conscients qu’une nouvelle grève ne paraît pas être la meilleure solution. L’entreprise doit être restructurée et, il n’est pas dans leur intérêt de faire échouer les négociations si cela conduit à des licenciements. Air France accuse depuis plusieurs années des pertes élevées, et, même si l’exercice 2015 s’est achevé sur des bénéfices, ceux-ci restent sans commune mesure avec les résultats que peuvent obtenir des compagnies concurrentes réellement rentables.

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