Maladies transmissibles, oncologie et diabète : part majeure d’un marché du médicament en pleine mutation

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Une étude du cabinet d’audit IMS Health donne les grandes lignes de l’évolution du marché du médicament dans les 5 années à venir.

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La croissance du marché pharmaceutique mondial va encore s’accélérer d’ici à 2020, portée principalement par les pays développés : les maladies transmissibles, l’oncologie et le diabète devraient représenter la plus grosse part du marché. A l’heure où les prix des nouveaux médicaments innovants font débat en Europe et outre-Atlantique, un doute semblait planer sur l’avenir à court terme du marché pharmaceutique. Pourtant le marché du médicament devrait encore gagner en puissance dans les 5 années à venir, selon une étude d’IMS Health – deuxième meilleure société d’audit du secteur – parue le 30 mars dernier.

Une forte croissance dictée par les pays développés

D’ici 2020, le marché pharmaceutique devrait dépasser les 1.400 milliards de dollars, soit 1.230 milliards d’euros. Un chiffre impressionnant qui représente une hausse considérable de 350 milliards de dollars par rapport à l’année 2015 : une croissance fortement accélérée sur les 5 prochaines années, quasiment 2 fois plus importante que celle enregistrée entre 2010 et 2015, projette IMS Health.

Les Etats-Unis devraient largement rester la force principale du marché de l’industrie pharmaceutique d’ici 2020, continuant même de grignoter quelques parts de marché. En 2013, elles grimpaient à 38,2 % estimait le centre Leem, le syndicat français des industries pharmaceutiques. Elles devraient atteindre 41 % du marché global en 2020, selon les projections d’IMS Health.

Les marchés émergents seront également en croissance, mais moins que prévu, à l’image de la Chine l’an passé, et ce malgré les nombreuses mesures d’amélioration d’accès aux soins de santé mises en place par Pékin depuis quelques années. En Europe, même tendance à la baisse : au deuxième trimestre 2015, la plupart des laboratoires pharmaceutiques occidentaux ont déploré un chiffre d’affaire globalement à la baisse, entraîné par le ralentissement du marché chinois.

En France, les revenus du secteur devraient stagner

Le marché pharmaceutique européen dans son ensemble se trouve dans une spirale négative. La France, encore classée à la cinquième place en 2015 au classement du marché global du médicament, devrait glisser à la huitième place en 2020, selon les estimations d’IMS Health, dépassée par le Royaume-Uni, l’Italie et le Brésil. Le cabinet d’audit n° 2 du secteur estime que le marché français est amené à stagner, ou en tous cas à ne pas progresser de façon manifeste dans les 5 années à venir. En cause, « les fortes baisses de prix imposées par les pouvoirs publics ». Les ventes de médicaments non-remboursables ont progressé de 2,3 % en 2015, alors que celles des traitements remboursables ont en revanche baissé de 1,1 % l’an dernier, dénonce l’IMS, confirmant la tendance à la baisse du marché, puisqu’en 2014 déjà, la France avait enregistré une décroissance de 2 % de vente des médicaments remboursables.

« En l’espace de quelques années, le marché a considérablement changé, désormais caractérisé par une tendance continue des prix à la baisse », précise Stéphanie Sclison, la directrice stratégie d’IMS Health France. Les voyants ne sont pas au vert pour le marché français, à l’image de la situation générale du secteur pharmaceutique dans toute l’Europe.

Quels seront les principaux moteurs du marché d’ici 2020?

Les maladies transmissibles, notamment le HIV et l’hépatite, devraient représenter la plus importante part de marché mondiale, à hauteur de 15 %. Les traitements innovants, arrivés récemment sur le marché, comme le nouveau remède contre l’hépatite C du laboratoire Gilead, coûtent particulièrement cher. Grâce à ce traitement, l’entreprise américaine a vu son chiffre d’affaires bondir de 31 % en 2015.

L’oncologie, dont le coût exorbitant des médicaments innovants inquiète singulièrement les médecins français, représenterait 11 % des futures ventes de médicaments dans les 5 années à venir.

Enfin, le diabète devrait, toujours selon les estimations d’IMS Health, constituer 10 % du marché mondial, supporté par les besoins des pays émergents en la matière. Selon les estimations de la Fédération internationale du diabète, le nombre de personnes touchées par la maladie devrait augmenter de façon spectaculaire en Asie du Sud-Est d’ici 2035, avec une hausse significative de 71 %. En Chine par exemple, le nombre de personnes diabétiques devrait passer de 98,4 à 142,7 millions en 20 ans. Des estimations qui devraient d’abord profiter aux acteurs du marché asiatique, mais qui feront certainement aussi les affaires des entreprises européennes.

« Il faudra de toute façon innover pour progresser »

Les industries pharmaceutiques sont confrontées à la problématique des pertes progressives de nombreux brevets, qui ont une durée de 20 ans après l’identification de la molécule. La dernière décennie phare en termes de découverte de médicaments remonte aux années 1990. La découverte de quelques 225 nouvelles molécules est pressentie entre 2016 et 2020, contre 184 de 2011 à 2015, prédit l’IMS Health, qui estime que 91 % des nouveaux médicaments seront des thérapies ciblées, exhortant les entreprises du secteur, dont les revenus chuteraient de 190 milliards de dollars, à innover en misant sur les « biotechs ».

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