Start-up et internet : le Vietnam veut combler son retard

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Le gouvernement vietnamien vient d’annoncer le lancement de deux projets destinés à soutenir le développement dans l’internet et la haute technologie.

: le Vietnam veut combler son retard

Avec plus de 30 millions d’abonnés à internet, 119 millions à la téléphonie mobile, 62% de la population ayant moins de 35 ans et une croissance de plus de 5% par an, le Vietnam présente l’un des plus forts potentiels de croissance pour les nouvelles technologies et le web. Pourtant, le pays demeure en retrait dans ces domaines pour des raisons à la fois structurelles et politiques. Cette situation semble aujourd’hui sur le point d’être définitivement révolue. En effet, en annonçant, plusieurs programmes d’investissements pour soutenir l’action des start-up dans la recherche, l’innovation et la haute technologie, le gouvernement semble bien décidé entrer de plein pied dans l’ère du numérique.

110 millions de dollars pour les start-up

Renforcer l’innovation, soutenir la créativité, accélérer la mise à niveau du pays face à la mondialisation de l’internet, tels sont les objectifs affichés par ce projet pro-startup, lancé en novembre 2013 par le gouvernement vietnamien en collaboration avec la banque mondiale. Ce programme est doté d’une enveloppe de 110 millions d’US dollars. Il s’inscrit dans le cadre des plans FIRST (Fostering Innovation Through Research Science and Technology) ; « nourrir l’innovation par le biais de la recherche, des sciences et des technologies». Ces projets ont déjà permis de booster les nouvelles technologies dans de nombreux pays à travers le monde et notamment en France. A terme, ce programme vise à renforcer la compétitivité des entreprises locales dans le secteur de la haute technologie. A la fois en débloquant des budgets pour la recherche et en modernisant l’organisation du secteur.

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Une Silicon Valley à Hanoi

Parallèlement à ce projet, le gouvernement a aussi annoncé vouloir débloquer 400 000 $ afin de créer une Silicon Valley vietnamienne. Il s’agit de combiner le dynamisme des jeunes entrepreneurs vietnamiens avec les pratiques les plus performantes de la Silicon Valley californienne. Le programme commencera courant 2014 par la création de deux accélérateurs de start-up, l’un à Hanoi, l’autre à Ho Chi Minh Ville. Dans ce cadre, des experts de la Silicon Valley californienne viendront assister les jeunes entreprises locales afin de professionnaliser leur fonctionnement et leurs produits. Un fond d’investissement spécifique, « Start-up Fondation Vietnam » va être créé afin d’inviter les investisseurs locaux et étrangers à soutenir les entreprises.

Interdiction des commentaires sur l’actualité

Cette politique de soutien volontariste à la haute technologie et à l’internet, soulève cependant quelques questions. Le Vietnam est en effet l’un des pays les plus restrictifs concernant l’utilisation de l’internet. Si, dans les pays voisins de la zone ASEAN (Association des nations de l’Asie du Sud-est), l’abonnement au web ne nécessite pas de longues formalités, au Vietnam tout nouveau souscripteur doit livrer un nombre important de données personnelles. Pour pouvoir consulter internet dans un cybercafé, il faut par exemple fournir une pièce d’identité. Le contenu des messages échangés sur le net est lui aussi soumis une surveillance étroite. Ainsi le gouvernement a récemment adopté un décret interdisant aux internautes de commenter l’actualité sur les réseaux sociaux. Il parait difficile d’imaginer qu’un boum de l’internet ne remette pas en cause la sévérité d’un tel encadrement.

Par ailleurs, si l’usage du web n’a pas réussi a véritablement décollé au Vietnam, la faute en incombe aussi à la médiocre qualité du réseau. Ainsi, le pays dispose d’une vitesse de connexion de 1,25 Mbps bien en dessous des 2,3 Mbps de la moyenne internationale.

Reste à savoir à présent, si les velléités du gouvernement triompheront de ces obstacles. Il serait étonnant qu’avec l’un des plus forts potentiels d’Asie, le Vietnam demeure longtemps en retrait sur ce qui apparaît comme l’un des grands enjeux économiques du XXIème siècle.