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Les citoyens européens face au tabac de contrebande

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L’Union européenne a mené une grande enquête d’opinion sur le tabac de contrebande.

C’est une étude de grande ampleur à laquelle s’est livrée l’Union européenne. Interrogeant 27.672 personnes issues des 28 pays membres, l’institution s’est penchée sur la perception de ses citoyens à l’égard du tabac vendu sur le marché noir. Le phénomène est en effet assez répandu pour préoccuper les autorités, qui estiment le manque à gagner à 10 milliards d’euros par an. Les enjeux ne sont pas seulement économiques : la santé des consommateurs est, elle aussi, mise en danger tandis que les groupes mafieux qui organisent ce trafic amassent de véritables fortunes. Quelle est donc la perception des Européens vis-à-vis de ce marché parallèle ?

Vente à la sauvette

Il faut avant tout préciser ce que définit précisément le terme de « tabac de contrebande ». Cette appellation ne désigne pas les cigarettes acquises dans les pays frontaliers tels que l’Andorre ou le Luxembourg, dont les taxes sur le tabac sont maintenues au plus bas. Les paquets et cartouches vendus sur le marché noir sont entrés de manière illégale sur le territoire, sans payer de taxe ni de droit de douane. Une fois passées les frontières, où ces cigarettes sont-elles revendues ? 60 % des citoyens européens à qui l’on a déjà proposé ce type de tabac affirment avoir été abordés dans la rue, 12 % l’ont été dans un bar ou un restaurant et seulement 2 % via Internet.

S’il s’agit là d’une moyenne européenne, les proportions peuvent varier fortement selon la nationalité des personnes interrogées. Ainsi, 71 % de Français se sont vus proposer ce type de cigarettes dans la rue, contre seulement un tiers de Néerlandais. A Malte, 38 % des répondants disent avoir été sollicités dans une boutique vendant ce type de marchandise sous le comptoir. Une pratique à laquelle seule une petite minorité des Français a été confrontée.

Pourquoi acheter des cigarettes de contrebande ?

A cette question, une forte majorité des personnes interrogées estiment sans surprise que l’achat de cigarettes sur le marché noir se justifie par l’écart de prix. La politique de taxation des différents pays de l’UE influe sur les réponses : en France, où le paquet coûte en moyenne sept euros, neuf sondés sur dix jugent que le prix est un facteur décisif en faveur du marché parallèle. Un marché qui bénéficie fortement au crime organisé, même si seulement un sondé sur six considère que la contrebande de tabac est l’une des principales sources de revenus des groupes mafieux, loin derrière le trafic de drogues, la prostitution, les armes à feu ou les contrefaçons. 35 % des répondants voient pourtant la vente illicite de cigarettes comme un débouché majeur pour le crime organisé, et 43 % déplorent le manque à gagner des Etats. Un tiers s’inquiètent de la qualité, qui n’est pas contrôlée lorsqu’un quart craint que des cigarettes à bas coût n’incitent les jeunes à fumer.

Un phénomène encore marginal

Si les ventes de tabac de contrebande représentent un marché de plusieurs milliards d’euros, seul un citoyen européen sur cinq a déjà été abordé par des vendeurs à la sauvette. Les habitants d’Europe de l’Est sont les personnes les plus concernées par ce marché parallèle. Plus de la moitié des Lettons, par exemple, ont été sollicités par des revendeurs illicites, contre 6 % de Luxembourgeois.

Si seulement 20 % des Français ont déjà été incités à acheter ce type de tabac, une autre étude effectuée par le cabinet KPMG place l’Hexagone en tête des pays européens consommateurs de tabac de contrefaçon ou issu de la contrebande, soit plus de 27 % de la consommation totale de cigarettes. Une cigarette fumée sur quatre provient donc du marché noir. Les problématiques de santé et le manque à gagner fiscal se posent donc comme des enjeux majeurs pour les pouvoirs publics.

 

Enquête réalisée entre novembre et décembre 2015 auprès de 27.672 ressortissants des 28 pays membres de l’UE par l’institut TNS. Date de publication : juillet 2016.

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